Reflexions images d'évangile

La parole est devenue chair, Jean 1.1-18

Les évangiles racontent l'histoire de Jésus. Leurs premiers chapitres donnent des éléments contextuels de sa venue sur terre. Ils décrivent sa généalogie, sa naissance ou le témoignage de Jean-Baptiste, son cousin qui annonce sa venue. L'évangile de Jean a la particularité de commencer son récit avec une vue très large, un peu comme lorqu’on  regarde dans des jumelles à l’envers. Le texte décrit l’incarnation du Christ dans une perspective qui va du « commencement » au présent. Ce récit est composé de deux textes qui s'enchevêtrent, l'un métaphysique et l'autre racontant le témoignage de Jean-Baptiste. La juxtaposition de ces deux points de vue met en lumière l'importance de la venue de Jésus sur terre dans une perceptive éternelle.

Sur l'illustration, la parole est représentée par un livre ouvert d'où sort la création, représentant la parole créatrice d'où « tout est venu ». Ce livre est blanc, couleur qui symbolise à la fois la vie, la lumière et la gloire. Il se transforme en homme qui rejoint les hommes, car la parole « s'est faite chair » ou « elle est venue chez elle ». Hors du livre, un homme pointe l'homme sortant du livre. Il s'agit de Jean-Baptiste « qui rend témoignage à la lumière » et qui dit « c'est lui qui vient derrière moi, car avant moi il était ». Cet homme a les pieds dans l'eau, symbolisant le Jourdain, fleuve où Jean-Baptiste  a baptisé Jésus. La foule en arrière plan, dans la conception de l’image, était censée tourner le dos et partir, illustrant le fait « que la parole n'a pas été accueillie ».

Dans ce texte, les termes « Dieu », « parole », « vie » et « lumière » semblent tous désigner la même personne : Jésus. Le texte ne le dit pas explicitement, mais sachant que Jean-Baptiste a témoigné au sujet de Jésus et qu'il est dit qu'il témoigne de la lumière cela est clair. Les termes « vie » et « lumière » seront repris par la suite pour désigner Jésus dans l'évangile de Jean et je ne m’attarderai pas dessus. Jésus ou la parole comme dans ce premier chapitre de Jean est à la fois auprès de Dieu et Dieu lui-même, grand mystère de la foi chrétienne qu'est la trinité, même s’il n’est pas encore question du Saint-Esprit. Dans ce texte, de plusieurs manières, j'ai l'impression que la parole désigne la partie agissante de Dieu, un peu comme notre corps nous permet de manifester ce qu'on est et d'agir sur le monde. La référence « au commencement » et à « la parole » rappelle le premier chapitre de la Genèse. Dans ce texte « Dieu dit... et il y eut... », la parole semble ainsi façonner le monde comme nos mains peuvent former un objet. Bien évidemment que « la parole qui devient chair » renforce ce sentiment. Je ne veux pas dire que le corps de Jésus est le corps de Dieu. Notre corps nous permet d'agir, mais il est très limitant, on ne peut être qu'à un seul endroit, on doit l'entretenir, alors que les évangiles ne laissent aucun doute planer sur le fait que Dieu n'est pas enfermé dans le corps de Jésus. Mais l'incarnation est un moyen de rendre manifeste à l'homme qui est Dieu.

Ce texte désigne la parole comme égale à Dieu le père, en particulier comme existant avant le commencement, créatrice et présente dans le monde depuis toujours « mais pas connue ». Ce premier chapitre annonce que l'évangile décrira la manière dont la parole présente depuis toujours se révèle aux hommes, comment Jean et certains de ses contemporains ont pu voir sa gloire et comment cette parole peut nous faire devenir enfant de Dieu et prendre part à la grâce de Dieu.

Le terme «parole de Dieu», dans le milieu évangélique, ne désigne pas Jésus (en général), mais la bible. La perspective de voir la parole comme mains de Dieu peut changer la manière de lire les évangiles (et le reste de la bible). D'une part, cela  permet de considérer les évangiles comme plus que le seul récit de la vie d'un homme, mais comme une parole agissante dans nos vies actuelles. D'autres parts, cela nous incite à chercher à écouter Jésus non seulement dans ce qu'il dit, mais dans tout son être.


 

Doux Jésus, Jean 2, 13-16

La suite viendra entre fin septembre et début octobre..

L'épisode de Jésus dans le temple me surprend depuis longtemps. Dans les églises que j'ai fréquentées, on m'a toujours parlé de Jésus comme le Dieu venu sur terre par amour. Venu comme un agneau sans défense, humble innocent. J'ai une image de Jésus et de Dieu comme étant doux lent à la colère et riche en bonté, apportant la paix faisant grâce et pardonnant. Ses actes dans le temple sont différents. Il est violent, en colère (cela n'est pas écrit, mais c'est comme ça que je l'interprète) et c'est lui qui crée le conflit et pas le contraire.

 

Du coup, j'y ai repensé et en faite le Dieu de la bible est souvent en colère et pas toujours doux. Il jette Adam et Ève hors du jardin et les punit. À l'époque de Noé, la colère de Dieu s’est manifestée par un déluge tuant presque toute l’humanité. Quant à l'histoire d'Israël c'est la colère de Dieu soit contre son peuple, soit contre ses voisins. Cela ne semble jamais cesser.

 

Il est donc relativement normal que Dieu venu sur terre manifeste de la colère. Il peut-être même étonnant que ce soit le seul passage où elle est si ouverte. La colère de Dieu en Jésus se manifeste en fait beaucoup en parole quand on y fait attention, surtout par des reproches ou insultes aux juifs et parfois aussi aux disciples.

 

Nous, image de Dieu, nous sommes aussi en colère et j'ai souvent eu l'impression que c'était mal ou mal vu. La colère peut certes avoir des conséquences néfastes, mais si Dieu est si souvent en colère et si nous avons ce sentiment c'est qu'il est fondamentalement bon. Dans ce texte, je vais reprendre une définition de colère et me demander ce qui met fondamentalement Dieu et l’homme en colère, pourquoi Jésus se met-il en colère dans ce temple, en quoi la colère et la violence qui en découle peuvent être bonne. Je ne prétends pas répondre à ces questions, mais juste ouvrir quelques pistes de réflexion.

 

Dans le Petit Robert, la colère est définie comme un violent mécontentement. Le mécontentement est lui-même défini comme le sentiment pénible d'être frustré dans ses espérances, ses droits et une  des définitions de violent  est: "qui a intense pouvoir d'action". Ainsi en recollant les morceaux et en reformulant, on peut de dire que la colère est sentiment de frustration face aux choses qui ne sont pas comme elle devrait être avec un intense pouvoir d'action.

 

Dans une perspective chrétienne, on pense que le monde a été créé bon et que suite au péché d’Adam, il est déchu. L’homme crée bon dans un monde bon, se retrouve pécheur dans un monde malade. Les choses ne sont pas comme elle devrait être. La colère de Dieu et alors normale. Et celle des hommes aussi, qui j’en suis persuadée, gardent au fond d’eux-mêmes, la trace de ce qu’il devrait être.

 

Si l'on revient Jésus dans le temple, il dit                                                `` Cessez de faire de la maison de mon père une maison de commerce'' (Jean 2.16-9)

 

``Il est écrit:" Ma maison sera appelée maison de prière (pour toutes les nations) . Mais vous vous en faites une caverne de bandits"" (Matthieu 21.13 , Luc 19.46, Marc  11.17)

 

Le temple devait être maison de son père ou maison de prière et elle est maison de commerce ou caverne de bandit. L'action de Jésus dans le temple est causée parce que les choses ne sont pas ce qu'elle devrait être et vise à rétablir le temple dans sa fonction originelle ou au moins manifester qu’il l’a perdue.

 

Dans l'évangile de Jean , ce récit se passe  au début du ministère de Jésus à un moment où il n'a donné encore aucun enseignement. Dans les 3 autres évangiles, le passage est placé au moment où Jésus entre à Jérusalem avant la Pâque finale. Ce placement dans l'histoire, est comme si la colère est ce qui permet Jésus d'entre dans sa vocation. En poussant plus loin, je pourrais presque que dire Dieu a envoyé son fils sur terre parce qu'il était en colère, parce son sentiment de frustration vis-à-vis de l'homme était tellement grand à cause de la différence entre ce qu'il a désiré en créant l'homme est ce qui est devenu à la chute. Il était obligé d'agir. La colère est en quelque sorte le moteur de l'action, un moteur ne conduit pas. Dans sa colère, Dieu aurait tout aussi bien pu détruire l'homme (comme il a presque fait au temps de Noé), mais Dieu est aussi amour et le choix d'agir en devenant homme dans le but de sauvé l'humanité ne peut être guidé par la colère. La colère est sa violence permette  des actions que les sentiments de bienveillance et d'amour ne pourraient entreprendre. Sa violence peut permettre la négation ou la destruction (du peuple d'Israël par Dieu) et l'abnégation (le sacrifice de soi). Quand Dieu abandonne Jésus sur la croix, quel sentiment pouvait-il avoir? Certes, amour, tristesse, mais peut-être que celui qui lui donne la force d'agir c'est la colère.

 

Dans ce passage deux choses m'interpellent la colère et la violence. Comme vu la violence est comprise dans la colère, mais je ne peux m'empêcher de penser aussi à cette parole de Christ:

''Depuis les jours de Jean le Baptiseur jusqu'à présent, le royaume des Cieux est soumis à la violence. Ce sont les violents qui s'emparent du royaume de Dieu``. L'expression soumise à la violence (grec: est violenté) est très complexe. Mon intuition est que le royaume des cieux est pour ceux qui  se mettent en colère quand le monde n'est pas ce qu'il devrait être et qui utilise l’intense pouvoir d’action que la colère donne à bon escient. Je ne sais pas exactement ce qu'il devrait être, mais j'ai l'impression qu'au plus profond de l'homme c'est écrit et que la colère en est un des révélateurs.

 

Dans la définition de colère, par le mécontentement on trouve encore le pénible et j'ai l'impression que ce qui est dure dans ce sentiment et se besoin fondamental et immédiat de faire quelque chose. C'est aussi ce qui rend ce sentiment dangereux, car dans beaucoup de  situations qui engendre la colère, on ne peut rien faire ou ne rien faire d'immédiat, ce qui ne fait qu'augmenter la frustration et e mécontentement et engendre un cercle vicieux jusqu'au moment ou cela explose sur une action non réfléchie.

 

En conclusion, je vois la colère est un bon sentiment qui révèle à chaque homme que ce qui est n'est pas ce pourquoi il a été fait, qui met en évidence les conséquences de la chute. C'est un sentiment qui est aveugle ou obsédant, en colère en on ne voit rien d'autre que l'objet de notre colère. Ainsi, les actes découlant de la colère seule sont la plupart du temps regrettables. Mais c'est un moteur qui démarre et qu'on ne peut arrêter. Combinée avec d'autre sentiment et d'autres réflexions, c'est une source de force que Dieu nous a donnée pour agir. Elle est très dangereuse quand on n’en fait rien. Quand l’action semble impossible, son expression est toujours possible auprès de celui qui écoute.

 

 

Faims et soifs, Jean 4.1-54

Introduction

Dans l'évangile de Jean, Jésus est directement présenté comme le Messie. Ainsi avant le passage qui nous intéresse, on lui a déjà donné les noms témoins de la lumière (1.7), parole devenue chair (1.13), Dieu Fils unique (1.18), agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (1,29) et fils de l'homme (3.16). Jésus a déjà manifesté sa puissance par la transformation de l'eau en vin aux noces de Cana (2.1-12) et d'autres signes qu'il produisait à Jérusalem (2.23). Dans le texte, Jésus lui-même s'est déjà présenté comme quelqu'un d'un peu spécial, dans sa rencontre avec Nicodème (3.1-21). Jean le baptiste l'a déjà reconnu comme le Christ (3.28). Nous constatons que son ministère jusqu'alors s'est déroulé entre Cana et Jérusalem, il s'agit donc d'un premier passage de Jésus en Samarie.

Le passage analysé se déroule en Samarie, lors d'un voyage de Jésus et de ses disciples depuis la Judée jusqu'en Galilée. C'est environ midi, Jésus est fatigué et s'est assis au bord d'une source (un puits?) (4.6). Notre analyse vise à découvrir ce que ce texte apporte de nouveau, en particulier à discuter de la symbolique de l'eau et de la nourriture.

 

Qui a soif? (Jean 4.7-16)

Au début du passage, Jésus dit: ``Donne-moi à boire'', à la fin du passage la femme samaritaine dit: `` Donne-moi de cette eau-là, pour que je n'aie plus jamais soif'', ce qui nous pousse à poser la question de qui a soif.

Nous pouvons clairement supposer que Jésus devait avoir soif, il a marché, il est fatigué et il est midi en Samarie. Il devait non seulement avoir soif, mais aussi faim. Les disciples, d'ailleurs, ont été acheté des vivres, peut-être l'ont-ils laissé seul vers ce puits, car physiquement il ne tenait plus le coup. Son injonction ``Donne-moi à boire ''  semble confirmer sa soif. Mais, on constate qu'il n'est mentionné nulle part dans ce texte que Jésus boit alors qu'il est à côté du puits : sa soif et son étanchement ne sont pas l'objet principal du texte. De plus à la première question de la femme samaritaine `` Comment peux-tu toi qui est juif me demander de l'eau à moi qui suit une samaritaine?'', il ne se présente plus comme demandeur, mais comme donateur. Il aurait pu en effet répondre quelque chose comme ``parce que je meurs de soif'' , répondant à la question de la femme samaritaine et mettant sa soif au-dessus des conventions sociales. La femme, et pour causes, ne comprend pas, "qui est cet homme, qui  demande de l'eau alors qu'il ne devrait même pas m'adresser la parole, qui me propose de l'eau alors qu'il ne peut en puiser pour lui-même". On ne sait si la question ``serais-tu plus grand que Jacob?'' est une sorte d'ironie ou une vérification de qu'il prétend être.

Jésus répond à la question sans y répondre, se présentant comme celui qui peut donner cette eau particulière et donc plus grand que Jacob, il détourne le centre de la conversation de lui à cette eau.

La réaction de la samaritaine peut-être surprenante, qu'a-t-elle compris? Croit-elle réellement que Jésus peut ou veut lui donner une eau qui lui permettra de ne plus avoir de soif physique alors que Jésus même vient de lui demander de l'eau? Sa réponse est un doux mélange de naïveté et de foi (à moins qu'elle soit de la pure provocation, notons  qu'il serait parfaitement possible de lire les répliques de la samaritaine comme ironiques et provocatrices).

Dans cette section, celui qui semblait avoir soif, n'est en fait pas l'assoiffé. Il est celui qui révèle la soif de la samaritaine et se présente comme source.

 

À la recherche de vérités (4.16-26)

Le sujet du dialogue est en partie dévié, il n'est plus du tout question d'eau, mais toujours question de l'identité de Jésus. La femme lui ayant demandé à boire, il l'envoie chercher son mari, pourquoi donc?

 

 Test de confiance? Comme on pourrait le croire après qu'il ait dit ``Tu as dit vrai''. Mais la réponse de la femme n'était pas là pour expliquer la situation, dire l'homme avec lequel je vis n'est pas mon mari. Elle est simplement le moyen le plus naturel pour ne pas aller chercher son homme.

Cela pourrait être une première approche pour révéler à la femme qui il est. Un moyen de lui faire dire le point douloureux de sa vie, avant d'en parler. Rappelons que c'est bien la connaissance que Jésus a de ce qu'à fait cette femme qui lui a d'abord permis de le reconnaître comme prophète, puis de l'accepter comme messie, comme le montre son témoignage à sa ville: ``Venez voir, il y a un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait! Serait-ce le Christ?''

Une troisième piste et que Jésus veut partager son eau vive à plus de personnes que la samaritaine seule et donc l'envoie chercher son mari. Cette hypothèse est enrichie  par le fait qu'elle finit par chercher les habitants de la ville.

Après le dévoilement de la vie de la femme, celle-ci semble  convaincue que c'est un prophète. Elle pose des questions sur les lieux où l'on peut adorer Dieu, sujet sur lequel juif et samaritain sont en désaccord. C'est une question intéressante à poser,  à un prophète juif qui adresse la parole à une samaritaine. La réponse de Jésus est riche. Sur la situation actuelle, elle reconnaît l'adoration des juifs comme ceux qui ont eu la révélation et des samaritains comme ceux qui n'ont pas de révélation. Mais surtout, elle annonce un changement proche ``l'heure vient où...'', ``l'heure vient et c'est maintenant..'' où l'adoration ne dépendra plus du lieu, mais où ``les vrais adorateurs le seront en esprit et en vérités``. Remarquons que dans ce contexte le mot ''esprit`` semble plus s'opposer au lieu et donc à la place du corps et au matériel que  désigner l'Esprit saint. Le mot «vérité»` peut être compris non seulement avec un coeur sincère, mais aussi avec une révélation juste commune aux juifs et samaritains.  Ces deux mots couperaient l'adoration due à des coutumes, des lieux pour une adoration se basant sur la révélation de Dieu (qui elle-même vient de l'Esprit saint).

Les termes ''Messie`` et ''Christ'' sont introduits par la samaritaine, qui reconnaît en lui celui ``qui annoncera tout''; porte-parole de la culture samaritaine, elle montre une attente d'un messie révélateur. Jésus se révèle comme ce Messie, les disciples arrivent, la femme va cherche la foule. Dans les versets 27 à 30, l'incuriosité des disciples semble s'opposer à la curiosité des samaritains. Ceux qui on faim et soif de Jésus sont-ils ses disciples qui le suivent, ou le peuple paria des samaritains?

 

Une autre nourriture(4.27-42)

La première partie parlait du boire, celle-ci parle du manger. Jésus qui logiquement devrait avoir faim (et soif pour le moment rien ne nous laisse supposer qu'il a bu), parle d'une nourriture que les disciples ``ne connaissent pas'', comme il a parlé à la samaritaine d'une eau qu'elle ne connaissait pas. Cette nourriture est celle ``de faire la volonté de son père'', en se révélant à la samaritaine, il vient de se nourrir (et qui sait peut-être de s'abreuver). Cette phrase est une transition vers une métaphore plus longue de la moisson.

On retrouve dans cette parabole une annonce de changement proche, c'est le temps de la moisson. L'explicitation de la parabole ne se fait ailleurs que dans le récit lui-même. Alors que Jésus parle de moissonner ce qu'ils n'ont pas semé , de dire au disciple ``vous êtes arrivées pour cueillir le fruit de leur travail'' , les habitants de Sychar arrivent prêts à écouter et à croire. Les disciples  ont à récolter des personnes prêtes à croire en Jésus comme `` sauveur du monde''.  Terme qui n'est pas anodin quand on se rappelle, qu'il est utilisé par des samaritains, ce qui oppose le monde aux simples juifs.

 

Conclusion

Pour en revenir au symbole de l'eau dans ce passage. Si on utilise le même procédé d'interprétations que pour la métaphore des champs, l'explicitation doit se trouver dans le récit. La question est alors ``Qu'est que la samaritaine a reçu?''  après avoir demandé cette eau vive. Ce à quoi je répondrai elle a reçu la révélation que Jésus est le Messie. L'eau vive serait donc la révélation que Christ nous fait de lui-même, la soif, le besoin de le connaître. La nourriture de Jésus est ``de faire la volonté de son père'' et donc la faim le désir d'accomplir la volonté de Dieu. On pourrait élargir cette analyse par une étude du choix des symboles. L'eau et la nourriture sont nécessaires pour vivre, on peut en profiter, en tirer plaisir, mais avant tous ce sont des besoins. La soif et la faim ne sont pas agréables. Est-ce que le monde d'aujourd'hui a faim et soif? Comment se manifeste cette faim et soif? Comment révéler cette faim et soif?( Dans la première partie, il me semble que Jésus révèle ou suscite cette soif

chez la samaritaine) Comment boire et manger ?

En plus de la faim et de la soif un autre thème très présent dans ce récit, celui d'un changement actuel, l'arrivée du Messie. Il se caractérise  par l'arrivée du messie, du Christ , du sauveur,  par une révélation universelle commune aux juifs, aux samaritains, au monde  et par une adoration de Dieu en esprit et en vérité

Introduction

Dans l'évangile de Jean, Jésus est directement présenté comme le Messie. Ainsi avant le passage qui nous intéresse, on lui a déjà donné les noms témoins de la lumière (1.7), parole devenue chair (1.13), Dieu Fils unique (1.18), agneau de Dieu qui enlève le péché du monde (1,29) et fils de l'homme (3.16). Jésus a déjà manifesté sa puissance par la transformation de l'eau en vin aux noces de Cana (2.1-12) et d'autres signes qu'il produisait à Jérusalem (2.23). Dans le texte, Jésus lui-même s'est déjà présenté comme quelqu'un d'un peu spécial, dans sa rencontre avec Nicodème (3.1-21). Jean le baptiste l'a déjà reconnu comme le Christ (3.28). Nous constatons que son ministère jusqu'alors s'est déroulé entre Cana et Jérusalem, il s'agit donc d'un premier passage de Jésus en Samarie.

Le passage analysé se déroule en Samarie, lors d'un voyage de Jésus et de ses disciples depuis la Judée jusqu'en Galilée. C'est environ midi, Jésus est fatigué et s'est assis au bord d'une source (un puits?) (4.6). Notre analyse vise à découvrir ce que ce texte apporte de nouveau, en particulier à discuter de la symbolique de l'eau et de la nourriture.

 

Qui a soif? (Jean 4.7-16)

Au début du passage, Jésus dit: ``Donne-moi à boire'', à la fin du passage la femme samaritaine dit: `` Donne-moi de cette eau-là, pour que je n'aie plus jamais soif'', ce qui nous pousse à poser la question de qui a soif.

Nous pouvons clairement supposer que Jésus devait avoir soif, il a marché, il est fatigué et il est midi en Samarie. Il devait non seulement avoir soif, mais aussi faim. Les disciples, d'ailleurs, ont été acheté des vivres, peut-être l'ont-ils laissé seul vers ce puits, car physiquement il ne tenait plus le coup. Son injonction ``Donne-moi à boire ''  semble confirmer sa soif. Mais, on constate qu'il n'est mentionné nulle part dans ce texte que Jésus boit alors qu'il est à côté du puits : sa soif et son étanchement ne sont pas l'objet principal du texte. De plus à la première question de la femme samaritaine `` Comment peux-tu toi qui est juif me demander de l'eau à moi qui suit une samaritaine?'', il ne se présente plus comme demandeur, mais comme donateur. Il aurait pu en effet répondre quelque chose comme ``parce que je meurs de soif'' , répondant à la question de la femme samaritaine et mettant sa soif au-dessus des conventions sociales. La femme, et pour causes, ne comprend pas, "qui est cet homme, qui  demande de l'eau alors qu'il ne devrait même pas m'adresser la parole, qui me propose de l'eau alors qu'il ne peut en puiser pour lui-même". On ne sait si la question ``serais-tu plus grand que Jacob?'' est une sorte d'ironie ou une vérification de qu'il prétend être.

Jésus répond à la question sans y répondre, se présentant comme celui qui peut donner cette eau particulière et donc plus grand que Jacob, il détourne le centre de la conversation de lui à cette eau.

La réaction de la samaritaine peut-être surprenante, qu'a-t-elle compris? Croit-elle réellement que Jésus peut ou veut lui donner une eau qui lui permettra de ne plus avoir de soif physique alors que Jésus même vient de lui demander de l'eau? Sa réponse est un doux mélange de naïveté et de foi (à moins qu'elle soit de la pure provocation, notons  qu'il serait parfaitement possible de lire les répliques de la samaritaine comme ironiques et provocatrices).

Dans cette section, celui qui semblait avoir soif, n'est en fait pas l'assoiffé. Il est celui qui révèle la soif de la samaritaine et se présente comme source.

 

À la recherche de vérités (4.16-26)

Le sujet du dialogue est en partie dévié, il n'est plus du tout question d'eau, mais toujours question de l'identité de Jésus. La femme lui ayant demandé à boire, il l'envoie chercher son mari, pourquoi donc?

 

 Test de confiance? Comme on pourrait le croire après qu'il ait dit ``Tu as dit vrai''. Mais la réponse de la femme n'était pas là pour expliquer la situation, dire l'homme avec lequel je vis n'est pas mon mari. Elle est simplement le moyen le plus naturel pour ne pas aller chercher son homme.

Cela pourrait être une première approche pour révéler à la femme qui il est. Un moyen de lui faire dire le point douloureux de sa vie, avant d'en parler. Rappelons que c'est bien la connaissance que Jésus a de ce qu'à fait cette femme qui lui a d'abord permis de le reconnaître comme prophète, puis de l'accepter comme messie, comme le montre son témoignage à sa ville: ``Venez voir, il y a un homme qui m'a dit tout ce que j'ai fait! Serait-ce le Christ?''

Une troisième piste et que Jésus veut partager son eau vive à plus de personnes que la samaritaine seule et donc l'envoie chercher son mari. Cette hypothèse est enrichie  par le fait qu'elle finit par chercher les habitants de la ville.

Après le dévoilement de la vie de la femme, celle-ci semble  convaincue que c'est un prophète. Elle pose des questions sur les lieux où l'on peut adorer Dieu, sujet sur lequel juif et samaritain sont en désaccord. C'est une question intéressante à poser,  à un prophète juif qui adresse la parole à une samaritaine. La réponse de Jésus est riche. Sur la situation actuelle, elle reconnaît l'adoration des juifs comme ceux qui ont eu la révélation et des samaritains comme ceux qui n'ont pas de révélation. Mais surtout, elle annonce un changement proche ``l'heure vient où...'', ``l'heure vient et c'est maintenant..'' où l'adoration ne dépendra plus du lieu, mais où ``les vrais adorateurs le seront en esprit et en vérités``. Remarquons que dans ce contexte le mot ''esprit`` semble plus s'opposer au lieu et donc à la place du corps et au matériel que  désigner l'Esprit saint. Le mot «vérité»` peut être compris non seulement avec un coeur sincère, mais aussi avec une révélation juste commune aux juifs et samaritains.  Ces deux mots couperaient l'adoration due à des coutumes, des lieux pour une adoration se basant sur la révélation de Dieu (qui elle-même vient de l'Esprit saint).

Les termes ''Messie`` et ''Christ'' sont introduits par la samaritaine, qui reconnaît en lui celui ``qui annoncera tout''; porte-parole de la culture samaritaine, elle montre une attente d'un messie révélateur. Jésus se révèle comme ce Messie, les disciples arrivent, la femme va cherche la foule. Dans les versets 27 à 30, l'incuriosité des disciples semble s'opposer à la curiosité des samaritains. Ceux qui on faim et soif de Jésus sont-ils ses disciples qui le suivent, ou le peuple paria des samaritains?

 

Une autre nourriture(4.27-42)

La première partie parlait du boire, celle-ci parle du manger. Jésus qui logiquement devrait avoir faim (et soif pour le moment rien ne nous laisse supposer qu'il a bu), parle d'une nourriture que les disciples ``ne connaissent pas'', comme il a parlé à la samaritaine d'une eau qu'elle ne connaissait pas. Cette nourriture est celle ``de faire la volonté de son père'', en se révélant à la samaritaine, il vient de se nourrir (et qui sait peut-être de s'abreuver). Cette phrase est une transition vers une métaphore plus longue de la moisson.

On retrouve dans cette parabole une annonce de changement proche, c'est le temps de la moisson. L'explicitation de la parabole ne se fait ailleurs que dans le récit lui-même. Alors que Jésus parle de moissonner ce qu'ils n'ont pas semé , de dire au disciple ``vous êtes arrivées pour cueillir le fruit de leur travail'' , les habitants de Sychar arrivent prêts à écouter et à croire. Les disciples  ont à récolter des personnes prêtes à croire en Jésus comme `` sauveur du monde''.  Terme qui n'est pas anodin quand on se rappelle, qu'il est utilisé par des samaritains, ce qui oppose le monde aux simples juifs.

 

Conclusion

Pour en revenir au symbole de l'eau dans ce passage. Si on utilise le même procédé d'interprétations que pour la métaphore des champs, l'explicitation doit se trouver dans le récit. La question est alors ``Qu'est que la samaritaine a reçu?''  après avoir demandé cette eau vive. Ce à quoi je répondrai elle a reçu la révélation que Jésus est le Messie. L'eau vive serait donc la révélation que Christ nous fait de lui-même, la soif, le besoin de le connaître. La nourriture de Jésus est ``de faire la volonté de son père'' et donc la faim le désir d'accomplir la volonté de Dieu. On pourrait élargir cette analyse par une étude du choix des symboles. L'eau et la nourriture sont nécessaires pour vivre, on peut en profiter, en tirer plaisir, mais avant tous ce sont des besoins. La soif et la faim ne sont pas agréables. Est-ce que le monde d'aujourd'hui a faim et soif? Comment se manifeste cette faim et soif? Comment révéler cette faim et soif?( Dans la première partie, il me semble que Jésus révèle ou suscite cette soifchez la samaritaine) Comment boire et manger ?

En plus de la faim et de la soif un autre thème très présent dans ce récit, celui d'un changement actuel, l'arrivée du Messie. Il se caractérise  par l'arrivée du messie, du Christ , du sauveur,  par une révélation universelle commune aux juifs, aux samaritains, au monde  et par une adoration de Dieu en esprit et en vérité

Homme de peu de foi, Matthieu 14.22-33

Les disciples se retrouvent, par la faute de Jésus, qui les avait obligés à traverser le lac, dans une barque au milieu d'une tempête. Jésus, lui était allé prier seul dans la montagne.

Dans cette tempête, dans la nuit, avec un vent contraire, ils avaient de quoi avoir une certaine frayeur. C'est alors qu'ils voient apparaître une silhouette ; ne pouvant concevoir un homme marchant sur les eaux, ils pensent à un fantôme. Cela leur fait perdre leur sang froid, ils hurlent.

Une voix les interpelle: «  C'est moi, n'ayez pas peur ». Pas de questions sur qui pouvait être ce « moi », seulement Pierre qui demande une confirmation. Pierre demande à le rejoindre et dit: « ordonne-moi de venir ». Il a du cran, de l'arrogance et aussi de la confiance. Il aurait pu proposer  autre chose: « Si c'est toi, qu'on te voit » ou « si c'est toi, que la tempête s'arrête », cela aurait été plus raisonnable et moins risqué. Jésus se soumet à la demande de Pierre : « Viens »,dit-il.

J'imagine Pierre en train de regarder cette ombre, en train d'écouter cette voix qu'il connaît, oubliant toutes autres choses, oubliant qu'il est en train de descendre d'un bateau au milieu d'une mer agitée, oubliant le bruit des vagues claquant contre la coque, oubliant le bruit du vent sifflant. Seule l'invitation de cette ombre compte.

Il marche sur l'eau! D'un coup, je le vois revenu sur terre ou plutôt sur mer... La raison reprend ses droits,, « je marche sur l'eau, c'est impossible. » Les vagues paraissent plus grandes que jamais, le vent hurle, la peur lui saute au cou. Pourtant, il n'a pas oublié celui qui est en face de lui: « Seigneur, sauve-moi »

Que s'est-il passé? Pourquoi cette soudaine peur?

 

Ne regardant plus celui qui l'appelle, il vit les vagues

N'écoutant plus celui qui l'appelle, il entendit le vent

Sa confiance n'étant plus en Jésus, il fut pris de terreur

 

« Seigneur, sauve-moi !»

Pourtant, il sait à qui s'adresser, pourtant il sait qui est en face de lui.

Jésus ne le laisse pas paniquer, il le sort de l'eau. Je l'imagine un regard triste, déçu et peut-être en colère aussi. « Homme de peu de foi, pourquoi as-tu douté? »

J'aurais aimé un Jésus qui ramène Pierre dans le bateau et lui dise: « c'est bien, tu as le courage de te lancer », un Jésus rempli de compassion, encourageant, félicitant Pierre pour sa confiance. Pierre est sorti d'un bateau et est allé rejoindre Jésus au milieu des eaux, il avait des raisons d'avoir peur. Mais Jésus lui adresse un reproche « Homme de peu de foi », n’y excuse ni pitié ni encouragement, juste un reproche.

Cela n'enlève rien au fait que Jésus secourt Pierre, le ramène dans le bateau et calme la tempête. Cela ne change rien à l'amour que Jésus à pour Pierre. Cela n'empêcherait pas Jésus de choisir Pierre comme pilier de l'Eglise. Ce reproche nous montre que notre Dieu est exigeant, notre Dieu nous veut forts et courageux, n'excuse pas nos échecs, n'est pas condescendant, il ne partage pas nos états d'apitoiement. Ils nous relèvent, nous ramènent au calme, nous pardonnent et nous couvrent de sa justice, mais ne nous couve pas.

Tes péchés te sont pardonnés. Marc 2.1-12

 

En quête de guérison, un paralytique est amené par quatre de ses amis à Jésus. Après quelques prouesses pour l’amener au pied de celui-ci, surprise, plutôt que de le guérir le grabataire, Jésus pardonne ses péchés. Jésus n’a-t-il pas compris ce qu’attendaient ses hommes ? N’avait-il pas compris le désir le plus profond du paralytique ? Péchés et maladie physique sont-ils a ce point lié que la guérison de l’un et comprend celle de l’autre ? Dans le texte qui suit, je raconterais comment je vois la scène, puis discuterais sur le lien entre le pardon des péchés et la guérison physique.

J'imagine une grande pièce, une salle remplie de personnes, voyant la lumière apparaître par le toit, en entendant des voix, comprenant qu'il se passe quelque chose d'inattendu. Petit à petit, les gens commencent à comprendre, on fait passer un homme par le toit, il faut lui laisser une place pour se poser au sol. On se marche sur les pieds. On se tasse. Personne ne veut quitter la salle. Pourtant il faut bien libérer un peu de place. Tout le monde bouge, sauf les quelques scribes qui restent à leurs places, assis.  «Tu crois qu'on va assister à un miracle», «mais oui», «mais non» , chuchote la foule. Elle n'attend plus que de voir ce qui va se passer.

Jésus regarde aussi ce qui se passe, il voit «leur foi» et dit «Mon enfant tes péchés te sont pardonnés» (V5). Ce n'est pas ce qui était attendu. Les murmures repartent en force. Ceux des scribes sont rapportés «Pourquoi parle-t-il ainsi? Il blasphème. Qui peut pardonner les péchés, sinon Dieu». Dans la foule ou parmi les amis du paralytique, peut-être que certains se disent «Voilà une belle esquive». Sans perdre la face, il ne le relèvera pas. Et le paralytique, comment réagit-il? Est-il frustré parce qu'il n'est toujours pas debout où est-il l'homme le plus heureux du monde parce que Jésus vient répondre à sa demande la plus profonde?

Jésus parle aux scribes «Pourquoi tenez-vous de tels raisonnements, qu'est-il le plus facile de dire: «tes péchés sont pardonnés» ou «lève-toi et marche»». Semblant dire que ces deux paroles ont le même sens... Si ces paroles sont équivalentes, cela implique que les maladies physiques sont péché ou plutôt symptôme du péché. Ce ne semble pas être le cas. Dans le récit, le paralytique n’est pas guéri, ou ne semble pas physiquement après ces premières paroles, ce qui montre une différence entre elles. Par ailleurs, un récit dans Jean 9 distingue clairement la maladie du péché. Jésus passe devant un aveugle, les disciples demandent à Jésus si c'est à cause de son péché ou de celui de ses parents qu'il est aveugle. Jésus leur répond: «Ce n'est pas que lui ou ses parents aient péché, mais pour que l'oeuvre de Dieu se manifeste en lui.» (Jean 9.3). L’histoire révèle que la culture juive lie maladie et péché, mais que Jésus détache la maladie du péché. Ainsi pour les juifs, on peut supposer que l’attestation du pardon des péchés devait se manifester par la guérison physique.

Lorsqu'on regarde les raisons de ses deux « guérisons »- intérieure par le pardon des péchés et extérieure par la réhabilitation du corps- on remarque que le texte ne donne pas les mêmes raisons. La première a lieu à cause de «leur foi»(V5) et la deuxième pour prouver sont autorité: « Eh, bien afin que vous sachiez que le fils de l'homme a l'autorité pour pardonner les péchés terre, il dit au paralytique...' »(V10). La deuxième guérison est une preuve de l'identité de Jésus et de l'autorité qu'il  a pour pardonner les péchés. Cela pousse la foule à glorifier Dieu (V12). Ainsi la guérison intérieure a lieu par la foi du paralytique et de ses proches tandis que la guérison physique est pour susciter la foi de la foule.

Ce passage me semble montrer que la guérison qui importe réellement à Jésus n'est pas celle du corps, mais celle de l'être. La guérison du corps est là pour rendre visibles son action, son pouvoir et son autorité et pour amener le monde à glorifier Dieu.

Aujourd'hui. Luc 19.1-10

La rencontre entre Zachée et Jésus est remarquable sous plusieurs angles. Celui de l'appel au pécheur et méprisé de la société, celui de la transformation opérée par le Christ ou encore celui de la foule qui râle. Un aspect que je trouve particulièrement intéressant dans ce récit est sa temporalité. Tous se passe dans une journée l' « aujourd'hui ». Ce terme apparait deux fois dans le récit, une première fois, dans les premières paroles de Jésus adressées à Zachée (v.5):« Zachée descend vite, il faut que je demeure aujourd'hui chez toi. ». L'utilisation du verbe falloir dans la même phrase que le mot aujourd'hui implique que l'aujourd'hui est une nécessité. Cette nécessité peut être pratique, c'est probablement le seul moment où Jésus a eu l'occasion de visiter Zachée et Zachée de recevoir Jésus chez lui.

Les conditions de la vie terrestre imposent d'elle même cette nécessité de l'aujourd'hui. Mais le texte met l'accent sur ce présent, répétant ce motaprès que Zachée déclare donner la moitié de sa fortune aux pauvres et rembourser au quadruple ceux qu'il aurait volés.« Aujourd'hui le salut est venu pour cette maison... »L'encadrement de la rencontre par la répétition de ce mot donne au récit une sensation d'instantanéité. C'est à ce moment que les choses se passent et pas à un autre. Cette impression est renforcée par l'utilisation de beaucoup de verbes d'action: courir, monter, arriver lever, rendus en français par le passé simple. La rapidité de l'enchainement est accentuée par l'ajout à deux reprises de l'adjectif  « vite ».

L'appel du Christ n'est plus conditionné à une rencontre physique entre deux personnes  depuis le retour du Christ vers son père. Alors la nécessité de l'aujourd'hui, du présent particulier, existe-t-elle encore?Jésus n'étant plus soumis aux contraintes terrestres (comme le fait de ne pouvoir être qu'à un seul endroit à la fois), il est  libre de temporalité. Mais nous, nous vivons encore dans cet enchainement de présent et je crois bien que ces rencontres avec les hommes, que ces appels sont fixés dans le temps. Je vais essayer d'expliquer en quoi cela intervient dans ma manière de vivre la foi.

Si l'appel est ponctuel, cela signifie qu'il est normal que pendant certains le silence soit de mise, indépendamment de ma volonté d'entendre Dieu, de ma volonté de le chercher. Cela signifie que je peux vivre ces temps en paix, dans la confiance et l'espérance et non dans une recherche effrénée de Dieu, mêlée de culpabilisation.Cela me pousse à lire le verset apocalypse 3.20:« Je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu'un m'entend et ouvre la porte j'entrerai chez lui, je dinerais ave lui et lui avec moi » comme une ou des invitations uniques et non une invitation continue. Ce qui donne à chacune de ses invitations, un caractère exceptionnel, c'est un sujet d'une joie. La visite de Jésus chez Zachée l'a poussé à une action (ou promesse d'action) immédiate. De même le caractère ponctuel des rencontres divines, me pousse à quand ces rencontres arrivent à donner une réponse immédiate. Immédiate signifie aussi pas encore mûrie. Est-ce que Zachée avant sa déclaration avait pris le temps compter sa fortune, de faire la liste des personnes qu'il a  escroquées, de voir si financièrement il avait les moyens de faire ce qu'il a dit, de décider d'une manière de procéder. Certainement qu'il n'a pas mesuré l'ampleur de son engagement et les possibilités réelles. Je cite un autre verset qui parle de temporalité, Matthieu 6.35.« Ne vous inquiétez donc pas du lendemain, car le lendemain s'inquiètera de lui-même. A chaque jour suffi sa peine » . La peine du jour de l'appel, c'est le repas, le dialogue et qui sait, peut-être un engagement. Mais ce n'est pas celui de la planification détaillée de la résolution de tous les problèmes pratiques. Cela sera la peine du lendemain quand Jésus se semblera plus aussi proche. C'est une des choses à vivre dans les temps de silence, qui sont finalement l'accomplissement des temps de rencontre.

 Comme l'invitation de Jésus chez Zachée n'était point planifiée, ses visites ne sont pas prévisibles. J'ai parlé avant de vivre ses temps de silence divin sans une recherche effrénée de Dieu, mêlée de culpabilisation. Mais il faut quand que je note que quand Jésus est entré à Jéricho, Zachée n'était pas tranquillement assis dernière son bureau à compter les taxes. Lorsqu'il a entendu que Jésus était en ville, il a cherché à le rencontrer, il est allé jusqu'à grimper dans un arbre en espérant le voir. Il n'était de loin pas passif. Il était prêt à rencontrer Jésus et prêt (peut-être inconsciemment) à se laisser transformer par lui. Dans ces temps de silence, la mission est peut-être de se préparer (mais qu'est-ce que ça veut dire) à entendre Dieu. Et là en écrivant, cette phrase je ne peux m'empêcher de penser à la parabole des dix vierges (Matthieu 25.1-13). Cette parabole parle de l'attente, pas d'une rencontre, mais du retour final de Christ. Et je crois que la préparation pour une rencontre ou pour cette promesse du retour final du Christ, du moment où la rencontre sera continue, est le même. C'est aussi l'espérance qui permet de tenir bon quand la rencontre dans la vie présente semble manquer.

En conclusion, de ces mélanges de réflexion peu organisée sur la temporalité du récit de l'histoire de Zachée. Je dirais soyons prêt à répondre à l'appel du Christ, à dire oui à sa rencontre et aux conséquences qu'elle peut avoir sur nos vies, sachant que c'est lui qui vient à nous et non le contraire. Vivons les temps de silences, comme des temps d'accomplissement de sa parole et d'espérance de la rencontre, non frustrés ou culpabilisés du vide qui peut-être ressenti, mais réjouis du jour où nous vivrons sa présence de manière continue.

Jésus pleura Jean 11.1-44

Jésus pleura. En un seul verset, Jésus, le fils de Dieu est montré comme sensible, comme triste. Dieu pleure. Mais pourquoi donc? Qu'est-ce qui le touche? Une lecture rapide et peu attentive de ce texte pourrait faire croire que c'est la mort de son ami Lazare qui l'émeut à ce point. C'est la raison pour laquelle Marie pleure. C'est la manière dont les juifs interprètent ces pleurs.``Voyez comme il l'aimait''. Mais en regardant plus attentivement le texte, on se rend vite compte que ce n'est pas la raison de son émotion. Dans le dialogue entre Jésus et ses disciples, celui-ci dit:``La maladie de Lazare ne le fera pas mourir; elle a pour but de montrer la puissance glorieuse de Dieu et doit servir à manifester la gloire du Fils de Dieu'' et ``Notre ami Lazare s'est endormi, mais je vais aller le réveiller'' qui montre que Jésus savait dès le début que Lazare allait mourir et ressusciter, il n'a donc pas de raison d' être triste à cause de sa mort.

Revenons au moment où Jésus pleure. Marie vient d'arriver devant Jésus et ``Jésus vit qu'elle pleurait et que les juifs qui étaient venus avec elle pleuraient aussi. Il en fut profondément attristé et troublé''. Jésus pleure par compassion, il souffre avec Marie et les juifs. Ce n'est pas de la comédie ni de la pitié, il souffre pour de vrai, car il est sensible à leurs souffrances.

Jésus aurait pu tout de suite annoncer à Marie et aux juifs la résurrection de Lazare et effacer immédiatement leurs peines. Mais il ne l'a pas fait, peut-être simplement parce que comme Marthe, Marie et les juifs n'auraient pas cru. Ou peut-être parce que le véritable amour de Dieu pour les hommes n'est pas d'arrêter immédiatement la souffrance, mais de la partager. Dans nos problèmes, nos peines et nos souffrances on aimerait bien voir Dieu intervenir rapidement et tout arranger, mais peut-être que la première réponse de Dieu c'est de venir les partager. Ce partage est plus précieux et coûtent plus que la résolution rapide de toutes les causes souffrances, qui pour Dieu, le tout-puissant ne serait pas très compliqué, aussi simple que d'appuyer sur un bouton off. La manière dont il  partage nos vies,c'est premièrement en venant en être humain dans le monde et deuxièmement dans notre relation avec l'Esprit saint dans la prière.

De même que Lazare est ressuscité par l'action de Jésus et que la tristesse, de Marthe, de Marie et des juifs prend fin, nous savons que nos souffrances prendront fin, soit dans cette vie-ci soit dans la vie éternelle qu'il nous offre. En attendant, le jour où nous serons délivrés, les pleures de Jésus, nous donne le droit à la tristesse, mais surtout de savoir que le créateur est sensible à nos sentiments et les partages.

Gloire soit donnée à celui qui nous aime suffisamment  pour venir sur la terre  et pour partager nos souffrances et qui nous libérera du malheur.

 

Si je ne te lave, Jean 13.1-20

Pierre était un simple pêcheur qui a prêté sa barque à un simple prêcheur. Mais le simple prêcheur, par une pêche miraculeuse, s’est manifesté être plus. Alors Pierre, un homme actif est devenu un disciple réactif.Pierre est le disciple qui dit tout haut ce que les autres pensent tout bas, qui réagit rapidement pour le meilleur et pour le pire. Il a eu le cran de rejoindre Jésus sur les eaux. Il répond à Jésus quand celui-ci demande qui vous dites que je suis. Il s'oppose à lui quand il annonce sa mort. C'est un disciple engagé. Il a reconnu Jésus comme Messie et le suit comme tel. Il est inconcevable que son maître, l'envoyé de Dieu, s'abaisse pour laver ses pieds.Comment pourrait-il trouver cela concevable? Pour moi, comme pour Pierre, l'idée que mon Seigneur et mon Dieu, l'infiniment grand, l'infiniment puissant, vienne me laver les pieds m'est difficilement acceptable. Déjà l'idée qu'un autre homme vienne me rendre un service peu honorable ne me plaît pas.

Revenons au texte. Jésus vient de laver les pieds à plusieurs de ses disciples, il arrive devant Pierre. Il n'y a pas de doute possible sur l'intention de Jésus. Pourtant Pierre lui pose la question: « Seigneur, vas-tu me laver les pieds? » Jésus entend, comprend et répond non à la question de Pierre, mais à son appréhension. « Tu ne sais pas maintenant ce que je fais, mais tu le comprendras plus tard. » Pierre dans ses paroles ne voit que la confirmation de l'intention de Jésus, il refuse, sûr de sa position: « Tu ne me laveras jamais les pieds. ».

Jésus utilise sa douce et ferme autorité en répondant: « Si je ne te lave pas, tu ne recevras plus rien de moi » ou selon les traductions: « Tu n'auras plus de part avec moi. » Pierre ne comprend toujours pas ni la raison ni le sens, mais sachant qu'il veut rester au Christ plus que tout, lui laisse le champ libre, et demande même de le laver au complet, voulant partager le plus possible avec le Christ.

Quel sens donné à la parole: « Si je ne te lave pas les pieds, tu n'auras plus de part avec moi » ?

On peut la comprendre comme si je ne te purifie pas tu n'auras plus de part avec moi. Ce qui est une interprétation assez courante, où la suite directe du texte devient très intéressante. Je propose une autre interprétation ou un complément.

Replaçons cet épisode dans son contexte. C'est jeudi avant Pâque. Jésus est conscient de ce qui va se passer comme le montre le premier verset du chapitre: « Jésus savait que l'heure était venue pour lui de quitter ce monde pour aller auprès du père » et le verset 3: « Jésus savait qu´il était lui-même Dieu et retournerait à Dieu, et que Dieu avait tous mis en son pouvoir ». Il est conscient de tout ce qui va se passer de sa toute-puissance mais aussi de sa mort à venir, de sa souffrance. Cette scène se passe juste avant l'instauration de la sainte scène qui elle-même précède la prière au jardin de Gethsemané.

Les prochaines choses que Jésus va offrir à ses disciples c’est le pain et le vin, symbole de son corps et son sang puis c’est sa vie sur la croix.« Si je ne te lave pas les pieds, tu ne recevras plus rien de moi » peut alors être comprise comme :

Si tu n'acceptes pas que je te lave les pieds, comment pourras-tu accepter mon corps et mon sang? 

Si tu n'acceptes pas que je te lave les pieds, comment accepteras-tu le don de ma vie ?

Si tu n'acceptes pas que je m'abaisse à laver tes pieds, comment accepteras-tu que je me laisse abaisser devant tous les hommes, pour t'élever vers mon père ?

Il n’y pas de comparaison possible entre l’humiliation de mourir sur une croix et celle de laver les pieds, il n’y a pas de comparaison possible entre le lavement des pieds et la sanctification apportée à la croix.

Lisons les versets 12 à 17.

Jésus, dans toute cette scène, ne se renie pas. Les versets 3 et 13 qui entourent ce passage le montre bien: « Jésus savait qu'il était lui-même venu de Dieu » et « Vous m'appelez Maître et Seigneur et vous avez raison, car je le suis ». Dans toute son humilité, il reste Dieu, il reste LE maître, il reste LE Seigneur. Gardons toujours à l'esprit le verset 16: « Aucun serviteur n'est plus grand que son maître et aucun envoyé n' est plus grand que celui qui l'envoie » Dieu nous sert, mais Dieu n'est pas notre serviteur. Accepter que Jésus nous serve, ne dois rien enlever à son identité de maître. Dieu ne se transforme pas en serviteur, il est Dieu qui sert.

Dans cette deuxième partie au verset 15: « Je vous ai donné un exemple pour que vous agissiez comme j'ai agi envers vous. », nous sommes invités à faire comme le Christ, à laver les pieds, à servir les autres, à ne pas avoir peur de nous abaisser. On ne peut accepter cette invitation à faire de même qu'au moment où notre identité est établie en Dieu. Nous sommes fils et filles de Dieu et quand nous sommes serviteurs et si nous sommes abaissés ou humiliés, nous restons fils et filles de Dieu. Quand Dieu s'abaisse il reste Dieu, quand nous nous abaissons nous restons son enfant.

Je laisse le texte conclure: « Maintenant que vous savez cela: vous serez heureux si vous le mettez en pratique. »

Par ta mort, tu nous délivres! Matthieu 27.45-56

Pour cette image, je vais me contenter de verbaliser ce que j'y ai dessiné. L'image représente la mort de Jésus.

Au premier plan, la croix avec dessus Jésus, je désirais que le corps exprime la faiblesse et la souffrance: faiblesse d'un homme qui subit un châtiment et souffrance d'un homme qui est séparé de Dieu. Le cri de Jésus « pourquoi m'as-tu abandonné » (Matthieu 27.46) révèle cette séparation. La pancarte est dessinée, rappelant que ce n’est pas seulement mort d'un homme, c'est la mort de celui qui règnera.

Au deuxième plan, le rideau du temple qui est déchiré au moment de la mort (Matthieu 27.51). Le rideau séparait le lieu très saint du lieu saint dans le temple. Le lieu très saint est là où Dieu était présent. Personne n'y entrait si ce n'est une fois par année le principal sacrificateur. Il entrait avec une corde au pied afin que s'il lui arrive quelque chose à l'intérieur de ce lieu, on puisse l'en sortir sans y pénétrer. Les hommes n'avaient ainsi pas accès à la présence de Dieu. Être dans la présence de Dieu s'était s'exposer à la mort à cause du péché de l'homme et de la sainteté de Dieu. Le rideau que se déchire signifie que maintenant l'homme peut vivre dans la présence de Dieu.

J’ai symbolisé les actes terrestres qui se passent au moment de la mort (terre qui tremble et rocher qui se fendent) par la présence d'un éclair. L'éclair a la caractéristique d'être instantané représentant ainsi le « à ce moment-là »  (Matthieu 27.51). Il est puissant, il traverse le rocher. Je vois la terre qui tremble et les rochers qui se fendent comment symbole de la puissance de Dieu, comme symbole que ce qui c'est passé sur la croix peut briser n'importe quoi.

 

Hormis la technique, le noir et le blanc sont aussi porteurs de symboles. Le noir représentant les ténèbres, la mort et l'absence de Dieu et le blanc représentant la lumière, la vie et la présence de Dieu.  Dans Matthieu 27.45, il est dit que la terre s'obscurcit de la 6e à la 9e heure et il semble que Jésus meurt à la 9e heure. Cette absence de lumière sur la terre serait elle aussi l'expression de l'éloignement de Dieu  de son fils. La lumière sur mon image apparait de deux sources. Premièrement de derrière le rideau représentant la présence de Dieu. Cette lumière jaillit aussi de derrière la croix donnant sens à la mort de Jésus. Cette mort donne la vie. L'évangile de Matthieu parle de saints morts qui sont ressuscités à ce moment-là (Matthieu 27.52), ils sont témoignage de la réalité de cette mort qui rend la vie. L'autre source de lumière est  l’éclaire qui pour l'artiste symbolise la puissance, mais non la puissance destructrice bien qu'elle brise les rochers, mais bien la puissance du Dieu vivant.

 

Cette image est ainsi l'expression de divers signes qui se sont passés au moment de la mort de Jésus. Ces signes ont révélé au moins au  centurion et aux gardes avec lui l'identité de celui-ci: « Voyant le tremblement de terre et ce qui venait d'arriver, le centurion et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus durent saisis d'une grande crainte et dirent: Celui.ci était vraiment Fils de Dieu »( Matthieu 27.54). 

Venez manger! Jean 21.1-14

J'imagine Pierre, Thomas, Nathanaël, Jacques et Jean et deux autres disciples en train d'attendre de discuter, d'espérer, de chercher à comprendre ce qui s'était passé ces dernières semaines, ces derniers mois. Ils avaient suivi Jésus le prenant pour le Messie. À la surprise de tous, excepté de lui, celui qui guérissait, enseignait, faisait des miracles s'est trouvé crucifié. Deux jours plus tard, il réapparait presque en chair en os. Je dis presque, il avait bien un corps solide, les disciples l'ont vu mangé, l'ont touché toutefois il a traversé les murs. Ses blessures, les marques des clous et de la lance sur son côté visible, ouverte, non cicatrisée, mais plus saignante. Il disparaît pour réapparaitre huit jours plus tard. À la joie de le revoir devaient se mêler espérance et question. Peut-être que ces hommes espéraient reprendre leur vie de disciple, comme avant la crucifixion. Peut-être attendaient-ils des ordres ou des explications. Mais le seul enseignement qui nous est rapporté de ces moments et ce que Jésus a dit à Thomas, qui n'avait pas cru ses comparses quand ils lui dirent qu'ils avaient vu Jésus, c'est « Heureux celui qui croit sans m'avoir vu ».

J'imagine Pierre dire, mais qu'attend-il de nous? Thomas, profondément marqué par les dernières paroles lui répondre croire. Jean ressassant tout l'enseignement du Christ répondre aimer. Pierre dire croire en quoi, aimer qui. J'imagine Pierre penser à haute voix, oui je crois que c'est le Messie, oui je l'ai vu mort et ressuscité, mais maintenant je fais quoi?

Peut-être qu'un des autres disciples présents propose d'attendre, s'il s'est montré deux fois, il pourrait réapparaitre une troisième fois. Peut-être Jacques et Jean proposent de se rappeler tout ce qu'il a enseigné pour trouver des réponses à leurs questions. Ils devaient être perdus, se demander que faire continuer leur ministère. Mais sans lui, ça n'a plus de sens.

J'imagine, Pierre, l'homme d'action, le soir, après une ou plusieurs journées de controverses, l'esprit retourné, la tête fatiguée, le coeur plein d'un vide énorme et le corps remplit d'une énergie stagnante, dire: « Je vais pêcher». Les autres premièrement perplexes, devant tant de promptitude, finissent par le suivre, pensant qu'au moins ils auront de quoi manger.

J'imagine la pêche qui commence. Le sentiment agréable d'être habité par l'action, réactions et gestes répondent spontanément à la mer sans effort, comme à l'époque où c'était leur métier. Puis la joie de retrouver  ces gestes oubliés, l'absence de poisson, rappelait une autre absence. Leur action semblait aussi vaine que leur réflexion, leurs filets aussi vides que leurs coeurs. Alors un homme sur la plage leur dit: « Mes enfants jetez les filets sur la droite ». La dernière fois qu'on leur avait dit cela, c'était Jésus. Pierre se remémorant l'épisode fit jeter les filets sur la droite. Plus en mémoire de celui qui l'a tant marqué que par une réelle espérance. Les filets se remplissent et  Jean lui dit: « c'est le Seigneur».

J'imagine le visage de Pierre qui s'illumine, plus de doute en son coeur, une seule chose comptait rejoindre le Christ. Il enfile son vêtement, plonge dans l'eau, et pendant cette rapide traversée, une voix profonde murmure ''Je te ferais pêcheur d'homme``. Tout semblait limpide est clair, Jésus l'avait appelé.

Venez manger! Jésus, Pierre, Jean et les autres étaient là ensemble, autour d'un feu mangeant pain et poisson, comme tant d'autrefois. Le fait d'être à nouveau ensemble, plus que toutes paroles, enseignait ou rappelait à chacun ce qu'il devait faire. Pierre se rappelait aussi les jours où le Christ  est mort, ses jours où il l'a abandonné et par moment dans ses rires et son regard brillant peut-être voyait-on aussi la honte et la tristesse.

Après le repas, Jésus prend Pierre à part. J'imagine Pierre à la fois fier d'êtres seule avec le maître, mais craintif face à ce qu'il allait se passer.

« Pierre m'aimes-tu? », « Oui, tu sais bien que je t'aime »  s'entendit-il répondre. « Prends soin de mes agneaux ». Pierre se répétait en lui-même « gardiens d'agneau, pêcheur d'homme »

« Pierre m'aimes-tu »,  « Oui, tu sais bien que je t'aime », dit-il en pensant « il doute de moi à juste titre », «soit le berger des mes moutons ». « Berger de ses moutons, pêcheur d'homme... » se répétait-il

« Pierre m'aimes-tu », « Seigneur, toi, tu sais tout, tu sais bien que je suis ton ami » répondit-il comme un cri, de tout son corps, de tout son coeur, de toute sa pensée. Ne me rejette pas disait son regard. Plus de doute en lui, il l'aimait sans lui, il ne serait rien.

« Prends soin de mes agneaux », paroles mystérieuses suivit d'un clair  « suis-moi ».

Cette fois le Seigneur l'avait accueilli et lui, avait réalisé, combien Christ lui était important. Pierre et ses compatriotes n'étaient pas forcément plus au clair sur leur mission, sur ce qu'il était attendu d'eux. L'appel avait simplement été renouvelé, et leur confiance de nouveau existait.

 

Ah, qu’il devait être bon d’être là,

De participer à ce repas.

Qui nourrissait les corps en apparence,

Mais surtout remplissais les coeurs d'espérance.

 

Qu’il devait être bon, pour Pierre dont la vocation était émoussée

De revivre cette pêche miraculeuse dans laquelle il a été appelé,

De passer de l’échec et de l’abandon

Au rétablissement et au pardon.

 

Jésus vient! Actes 1.6-11

Dans ce récit de l’ascension les disciples reste à regarder le ciel et des anges sont envoyés pour leur dire : « Ce Jésus qui a été enlevé au ciel du milieu de vous viendra de la même manière que vous l’avez vu aller au ciel » Actes1.11. Cela annonce le  retour de Jésus. Qu’est-ce que cela signifie ?  Qu’est ce que cela implique dans la vie du chrétien?

Reprenons le contexte. Ce passage se situe au début du livre des actes des apôtres, livre qui est la suite de l’évangile de Luc.  Il est le récit qui fait la transition entre les deux tomes et qui est raconté, de manière légèrement différente dans les deux livres. Dans son évangile, Luc raconte la vie de Jésus, ses miracles, son enseignement et surtout sa mort et sa résurrection. Donc au moment de l’ascension, Jésus est mort et ressuscité et « il leur apparut pendant 40 jours, parlant du règne de Dieu ».Actes 1.3. De ces 40 jours, Luc raconte  la rencontre avec les disciples d’Emmaüs, où Jésus leur explique que «  le Christ devait souffrir de la sorte pour entrer dans sa gloire en commençant par tous les prophètes, il leur fit l’interprétation de ce qui dans toutes les écritures le concernait » Luc24.26-27.

Avant l’ascension, Jésus leur dit: «C’est là ce que je vous disais lorsque j’étais encore avec vous, il fallait que s’accomplisse tout ce qui est écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, dans les prophètes et dans les psaumes. Alors il leur ouvrit l’intelligence pour comprendre les écritures et il leur dit: « Ainsi il est écrit que Christ souffrirait, qu’il se relèverait d’entre les morts le troisième jour et que le changement radical, pour le pardon des péchés serait proclamé en son nom à toutes les nations, à commencer par Jérusalem. Vous en êtes témoins. Moi, j’envoie sur vous ce que mon Père a promis : vous rester dans la ville jusqu’à ce que vous soyez revêtu de la puissance d’en haut » Luc24. 46-48.

Ce qui signifie que pendant 40 jours, Jésus a clarifié auprès des disciples qui il était, ce qu’il avait fait par sa mort et sa résurrection,  en quoi il était le messie annoncer dans l’Ancien Testament. Il les a aussi enseignés sur ce qui allait arriver, que les pardons des péchés allaient être proclamés et qu’il allait recevoir le Saint-Esprit. Dans les actes, il est précisé que ce sont eux qui seront les témoins. Ac 1.8

L’ascension, avec la Pentecôte 10 jours plus tard, est un moment charnière de l’histoire. C’est la fin de Jésus sur terre. C’est le début d’une période à la fois de proclamation du pardon des péchés et d’attentes du retour de Jésus. Dans actes, avant le départ de Jésus, les disciples lui demande si c’est maintenant qui va rétablir son royaume (Ac1.6). Il leur répond que personne ne sait. La juxtaposition de cette question et de l’annonce du retour de Jésus laisse penser que les éléments retour de Jésus et rétablissement du royaume sont liés. Ainsi le retour de Jésus implique l’établissement de son royaume. Nous vivons aujourd’hui avec l’ordre de proclamé en étant  revêtu de la l’Esprit-Saint que les péchés sont pardonnés, ou autrement dit que le royaume de de Dieu s’est approché, cela en attendant que Jésus revienne et règne soit que le royaume de Dieu soit établi.

Avant de passer à la question, de qu’est-ce que cela change, regardons quelques éléments de ce que le règne de Dieu (l’établissement du royaume de Dieu) signifie.

 Apocalypse 21.3-4: «La demeure de Dieu est avec les humains ! Il aura sa demeure avec eux, ils seront ses peuples, et lui-même, qui est Dieu avec eux sera leur Dieu. Il essuiera toutes larmes de leurs yeux, la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.

De ce simple verset, on peut dire que dans royaume de Dieu :

  1. Dieu vivra avec les hommes (comme au jardin d’Eden)
  2. Les peuples seront les peuples de Dieu, tous en gardant les différents peuples, ils serviront tous Dieu et par extension s’ils ont le même maître, on supposé qu’ils ne seront plus en guerre
  3. Les larmes seront essuyées. (pas enlevée ?)
  4. Il n’y aura plus de mort
  5. Plus de douleur, plus de souffrance

Un joli programme plein d’espérance. Mais qu’est-ce que cela change ?

Cela change que dans les combats de la vie quotidienne, je sais que, quels que soient mes victoires et mes échecs, Jésus viendra et il règnera, je serais victorieuse avec lui. Je n’ai donc pas être découragée ni desserrées, mais seulement à me réjouir de jour du triomphe.

Quand on entend parler des guerres, des réfugiés, des affamés, on se sent impuissant, notre action semble vaine. Le fait que Jésus viendra régner signifie que les guerres s’arrêteront, que les réfugiés retrouveront un abri, une terre, que les affamés seront rassasiés. Quand notre combat pour la paix, la justice ou l’amour, nous serons vainqueur avec Jésus. Notre combat n’est ainsi pas vain. Nous en sommes vainqueurs, par la victoire de Christ.

Si tout dépend de Dieu, si la victoire est la sienne, si quoi nous fassions, il viendra et régnera, on pourrait se demander à quoi cela sert que j’agisse pour le royaume de Dieu.

Je donnerais plusieurs éléments de réponses :

  1. C’est ce que Jésus nous demande. « Vous serez mes témoins ». C’est une affirmation, dans les évangiles, on peut aussi le trouver comme ordre « allez faite de toutes nations mes disciples »… Jésus de nous demande pas d’attendre passivement son retour, mais  bien d’annoncer l’évangile, d’annonce sa venue.
  2. Dieu n’aurait pas besoin de nous, de même que pour nourrir  une foule de cinq mille personnes, il n’avait pas besoin de cinq pains et de deux poissons et pourtant, il choisit «d’obliger» les disciples à contribuer aux miracles, puis de faire avec les 5 pains et de poissons qu’ils ont trouvés. Dieu n’a pas besoin de notre action, mais il choisit d’agir avec nous en vue de son règne.
  3. Par certains côtés, nous sommes comme les supporters d’une équipe de foot. Quand l’équipe de Suisse gagne un match, les supporters suisses disent « on a gagné ».  Les supporters s’identifient à leur équipe, ce n’est pas eux qui jouent, mais il gagne et perde avec (surtout, gagne…). De même, en proclamant le règne de Dieu sur terre, on supporte Dieu, même si ce n’est pas réellement nous qui allons gagner contre le malin, que Dieu seul combat, quand Jésus règnera, on aura gagné. Le fait que Jésus revienne et règnera, m’invite à être son supporter
  4. Jésus nous invite à être attentif à veiller à son retour, par exemple, dans la parabole des 10 vierges. Comme je sais que Jésus viendra, comme les vierges, je suis invitée à veilleur à me réjouir sans cesse de son retour.

En conclusion, l’Ascension avec la Pâque et la Pentecôte marque le début de l’ère où nous vivons. Elle marque un temps où le royaume de Dieu s’est approché et où attend son établissement. Cette attente est source d’espérance et de joie et de forces mon quotidien.

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